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Lente folie

01.

Vendredi 13 janvier 2016 

Ce jour là, j’ai pris le métro. Ce n’était pas la première fois. Peut-être la cinquième. La septième surement. Une chose est sûre. Ce jour là, j’ai pris conscience de son ampleur. C’est surement ce jour là où j’ai commencé à développer une certaine admiration pour ce transport. Fascinant et effrayant. Magique et pénible. 

Le métro suscite chez chacun une émotion, bien souvent désagréable. Pressé et entassé sont synonymes de métro. Pour moi, ce géant de fer omniprésent et rapide s’est montré saisissant. Une émotion soudaine. A peine entrée dans sa bouche que je ressens cette tension et cette excitation dans l’air. Cet air impur. J’emprunte les escaliers. La foule. Elle est là. Elle envahit mon corps pendant quelques secondes. Je reste inerte. Je rejoins le quai. Prochain métro. 2mins. Assez pour voir le métro d’en face arriver. Les portes s’ouvrent. Des gens descendent. D’autres montent. Un bruit sonore retentit. Un homme s‘enfonce de justesse. Les portes se ferment. Le métro part. Croisement. Mon métro arrive. Courant d’air. Frisson. J’ai froid.

Des gens, qui descendent, essaie de passer à travers la foule qui attend devant la porte du métro. 

Des gens entrent en même temps. Avec un sentiment de peur. La peur de ne pas avoir de place. J’attends. Une personne me pousse dans le dos. Ou peut-être deux. J’entre. J’ai chaud. J’inspire. J’essaie. Je suis entourée, cerclée. J’expire. Une mèche de cheveux, d’une femme devant moi, bouge. Les gens deviennent proches en une fraction de secondes pour quelques minutes de leur vie. Tous les jours de nouvelles personnes pour une vie un peu plus médiocre. Le métro est à la fois impersonnel et personnel. 

02.

Vendredi 30 décembre 2018  

17h15

Je monte sur Paris. Pour le week-end. Je prends le train.Il est recommandé d’arriver 5 minutes avant. Fortement. Bien trop cher pour se permettre de le louper. J’arrive en gare. Ecart. Je suis à l’heure. Pas lui. Retard 40minutes. Soupir. Je suis énervée. Peut-être par leur exigence de ponctualité envers les passagers mais pas envers eux-même. Je sors de la gare. J’envoie divers messages pour prévenir de mon retard. Tache plus que laborieuse qui demande de connaitre les raisons de ce retard mais aussi de s’excuser pour une faute que l’on n’a pas commise. 

 

17h58
J’ai froid. J’entre de nouveau dans la gare. La tension monte. Des gens parlent fort. Ils sont stressés. Paniqués. Je lève la tête vers le panneau d’affichage. 2 heures de retard. Je râle. Puis, je souris à l’idée d’être remboursée. Ma colère se transforme en une certaine satisfaction. 

 

18h33
Un train pour Paris arrive en gare. Ce n’est pas le mien. Toujours pas. Encore une heure. Trop long. Je décide de monter dans ce train. Je ne suis pas la seule. Le train démarre. Il part. Nous sommes entassés. Debout. On ressent ce lourd passé pour emprunter le futur. Les espaces entre les wagons sont bondés. Des gens sont assis par terre sous le regard des passagers assis dans leur fauteuil. Des fauteuils qui deviennent inconfortables après deux heures de voyage. Des fauteuils qui nous semblent parfaitement confortable quand on n’a pas le privilège d’en avoir un. 

03.

Samedi 2 février 2019 

Ce week-end, je suis de nouveau sur Paris, pour la troisième fois consécutive. Départ jeudi soir pour rentrer le lundi matin. On pourrait dire que je passe mon temps dans les transports en commun. D’ailleurs, il me sont devenus plus communs que l’ordinaire. Au programme. Portes ouvertes des écoles d’art. 

J’emprunte le métro. Ligne 8. Arrêt République. Acte 12. 1 école. 6 formations. 1 bombe lacrymogène. Absence de voix. Présence de larmes. Absence d’humanité. J’ai mal. Brûlures. Picotements. 1 main. 1 femme. 1 soutien. 1 arrêt de métro. Temple. 

Alors que le monde du dessus apparait comme irrespirable, le monde souterrain devient protection. L’air impur du métro devient respirable et supportable. Deux mondes s’opposent maintenant. Le haut et le bas. Le dehors et le dedans. Les riches et les pauvres.

 

Le métro. Zone à risques. Devenu plus sûr que l’autre monde. Je me sens enfin en sécurité. Je peux respirer. Je peux voir. Les gens sont impassibles comme ordinaire, assis, le regard dans le vide. Ignorants ce qu’il se trame au dessus d’eux. Continuant leur vie. Ils ne le vivent pas. Aucune atteinte. J’ai ressenti. Maintenant, je sais. 

04.

Samedi 16 février 2019.

Le matin. Un grand soleil. Un train. Sur le quai. Des gens heureux de retrouver un être cher. Des gens tristes d’en laisser un partir. Des gens seuls bientôt accompagnés. Question de temps. Les gares sont un mélange d’émotions, d’histoires. D’histoires qui commencent, qui s’achèvent, qui se suspendent. Croisement d’opposé. Gare aux sentiments. 

05.

Juin 2019.

Levé du confinement. Retour à Paris. 20h30. 

 

Hors couvre-feu. Hors la loi. Je sors de Bercy. Ligne 6.

J’entre dans le wagon. Une femme. Elle me regarde. Je ne vois que ses yeux. Mais je sais. Je sais ce qu’ils disent. Elle détourne le regard et part à l’autre bout du wagon. La peur. C’est la première fois que je ressens cela. Elle m’a fui comme la peste. Étrange. Je n’ai même pas pensé à faire de même. Certaine personne s’adapte plus vite.

 

On survole Paris. Vide. C’est étrange. Je ne reconnaît pas Paris. Ce n’est pas Paris. On dirait qu’il est 3h du matin. Et encore… Paris fourmille à toute heure. C’est ce que j’aime. Là, ma ville est vide, mon cœur est vide. Un vide assez lourd à porter. Le poids de l’histoire qui s’écrit au fil des minutes. Le poids de chaque décision. De chaque geste. De chaque pas dehors. C’est triste et calme. Comme un temps révolu. Un changement d’air. Un changement d’ère. 

Je suis seule avec cette femme qui me fait face au bout du wagon. Nous partageons le vide. Co-vide.

06.

Vendredi 24 décembre 2021.

Montparnasse. Hall 1. Voie 2. Wagon 13. Place 379. Train direction Nantes. Sens contraire de la marche. OUIGO. We go.

 

Il fait nuit. Brouillard.

Je sors Perec. Siège inconfortable. Je préfère Intercité. Je n’arrive pas à trouver une position confortable pour lire. J’aimerai deux sièges. Ou la fenêtre cette fois-ci.

Des écouteurs.

Un ordinateur.

Deux enfants.

Un pull de Noël.

Gestes frénétiques.

Des ronflements. Comment peut-on dormir aussi profondément dans un train ? Sûrement une personne qui va jusqu’au terminus. Esprit tranquille. Sinon, c’est impossible, elle s’y trouvera, quand même, contre son grès.

 

Une petite fille est à côté de moi. Le couloir nous sépare. Elle gribouille. Elle lit ou essaie. Écrit des mots qui lui plaisent sur sa feuille blanche. Change d’activité. Mots croisés Disney. Un serpent en trois lettres. Boa.

 

La personne à côté de moi active un nouveau mouvement chaque minute. 

Elle se lève. Je me lève. Je me rassoie. Elle revient. Je me lève. Elle s’assoie. Je m’assoie. Fatigue.

Ouverture de Facebook. Connexion lente. Appel d’urgence uniquement. Une recherche sur internet. Des idées cadeaux de dernière minute. Du rafting. Un cours de poterie. Que choisir ? Est-ce pour une personne qu’elle aime ou qu’elle ne connaît pas trop ?

Elle sort un tas de cartes postales. Le dernier recours. Elle griffonne. Encore. Encore. Elle écrit sûrement l’activé qu’elle vient de choisir avec sa faible connexion. Elle griffonne. Elle remplie sa carte de gribouillages. La carte est remplie de noir. Joyeux Noël… Seuls deux nuages remplis de mots restent intactes.

Recherche internet. Une autre activité. Une autre carte. Un autre gribouillage.

Elle sort une bouteille d’un litre. Elle boit. Elle pose sa bouteille par terre.

Elle se lève. Je me lève. Je me rassoie. Fatigue. Si elle buvait moins, je me lèverai moins, pensais-je.

Je dois relire plusieurs fois les lignes de mon livre pour en comprendre le sens. Elle revient. Je me lève. Elle s’assoie. Je m’assoie.

Elle sort son chargeur. Sûrement pour trouver sa dernière activité. Son pied touche sa bouteille. Elle tombe. Fatigue.

Elle ne se penche pas tout de suite. Elle finit son gribouillage.

Elle se penche un peu. Échec. Elle se penche un peu plus. Échec. Puis, elle bascule sous le siège de devant. Réussite.

Fatigue.

J’entends plusieurs fois le son du débranchement d’une clé USB. Sûrement un faux contact. Pourquoi la personne n’éteint-elle pas le son ?

 

Il fait jour. Soleil même. Un soleil blanc.

Elle se lève. Je me lève. Je me rassoie. Son manteau n’est plus là. Sa bouteille non plus. Ses cartes non plus. Elle ne revient pas. Le siège côté fenêtre est libre. Je m’étale. Le luxe. Je souris. Une souris tombe. Celle de l’ordinateur. Un sourire tombe. Le mien.

La souris s’est éventrée. Les piles roulent sous les sièges. La femme de derrière se lève. La femme au son de clé USB. Elle a un casque sur les oreilles. Elle n’entendait donc pas le son de clé USB mal branchée. Mais j’en déduis qu’elle voit le message d’erreur sur l’écran. Dans le couloir. Elle se penche un peu. Échec. Elle se penche un peu plus. Échec. Puis, elle bascule sous le siège à côté de moi. Celle de la petite fille. Réussite. La souris est vivante.

07.

Il y a un temps maintenant.

Métro. Ligne 7.

 

Fermeture des portes. Je suis contre la porte. Des gens courent. Me poussent. Rentrent. Le wagon est bondé. Plein à craquer. J’essaie de voir s’il n’y a pas un peu de place ailleurs. Le carré VIP, comme je l’appelle, est vide. C’est rare. Le carré VIP, les gens se l’arrache. Assez large pour être à l’aise. Assez privatisé pour ne pas se mêler aux personnes debout. Assez carré pour éviter les angles de vue qui mènent aux regards envieux qui viennent du haut.

Je me penche pour voir pourquoi, cette fois-ci, ce carré n’est pas prisé. Il est même fui. Un homme dort. Un homme sans visage et en lambeaux. Personne ne veut se mettre à côté. Cet homme génère autour de lui une bulle de protection. Une bulle qui met en marge. Nous avons tous besoin de cette bulle. Cette zone. Espace vital. Mais, dans la société, on préfère être collé aux autres. Signe d’égalité. Un corps accord.

08.

Dimanche 2 janvier 2022.

Train Intercité direction Paris Bercy. 

 

Après les fêtes, c'est toujours laborieux de trouver des billets. L'écran affiche complet pour le samedi et le dimanche. Sauf celui de 13h27. 

Je le prends. On m'impose le carré Kids. Moins prisé que le carré VIP du métro. 

Avant, je fuyais ce carré pour privilégier la paix. Maintenant, je me réjouis d'avoir un peu d'animation. Surtout pour écrire. 

 

Je m'installe côté fenêtre dans un compartiment de 6 places. Il n'y a encore personne. 

Il est 13h10. Il fait beau. Chaud même pour un mois de janvier. 

 

Peu à peu le train se remplit. 

Une jeune fille est à côté de moi. Puis, une famille s'installe. Le père. La mère. La fille. Le fils. 37ans. 35ans. 5ans. 1an. Je pense. Me basant sur le schéma sociétal de la famille parfaite et de l'âge parfait pour fonder une famille. Ni trop jeune ce qu'il permet de s'accomplir. Ni trop vieux ce qu'il permet de se reproduire.

 

Le train part. 

Déjà les feutres et les activités sont de sortie. Le père part balader en poussette le petit. La petite fille sort une activité pour apprendre à dessiner une abeille. 

Une activité vite éprise par la mère qui dit n'en n'avoir jamais dessiner une. Ces activités destinées aux enfants deviennent des activités pour les enfants que nous avons été. Que nous avons vite oublié.

L'abeille est dessinée par la fille puis par la mère. Puis, par la fille et encore par la mère. Une abeille inter-générationelle prend vie.

Avons nous des enfants pour vivre de nouveau l'enfance que nous avons perdue ? 

 

Le train s'arrête. Vichy. Des personnes montent. 

Une femme avec une poussette dis être ici, voiture 3. On vérifie tous malgré le fait que nous soyons sûr de notre place. La femme vérifie. Voiture 13. À l'autre bout du train. Nous sommes tous soulagée de ne pas avoir à faire le changement de voiture. Trajet interminable sur le quai. Trajet impossible dans le train. Encore plus avec une poussette.

 

La petite fille veut aller dans la salle de jeu, comme elle l'appelle. La mère ne veut pas toute suite. La petite dit que ce n'est pas drôle. Je suis d'accord avec elle. Pourquoi prendre l'option salle de jeu pour ne pas y aller ? 

Mais la petite Léa, ai-je entendu, n'est pas difficile et se remet aux activités. Des mots croisés maintenant. 

 

Un temps passe. La petite fille se lève. Le carré Kids est rempli. Je ne le vois pas. Je l'entend. La mère se lève. Les trois sièges devant moi sont vides. Ces lignes sont vides. 

 

Je mets mes écouteurs. 

"vivre avec un corps, c'est comme vivre avec un mort"

09.

Jeudi 6 janvier 2022. 

11h11.

Paris. Uber. Volkswagen Passat. 4.97 sur 5 étoiles. 

Dois-je m'adapter à la société et à ces nouveaux transports ? Sûrement que oui.

Comme une impression de voyage tout en restant dans la même ville.

En ce moment, je passe beaucoup de temps dans les Uber pour le travail.

Des bonjours et des mercis à tout va. Silence. Encore. Des aurevoirs et des mercis à tout va. 

Ces trajets sont d'un silence accablant ! Au début, nous essayons de trouver quelques questions pour faire la conversation puis, nous jetons vite l'éponge. Plus ça va, plus nous prions pour ne pas avoir à faire la discussion. Laissant le silence là. Ou la radio venant combler ce vide entre deux personnes qui ne se connaissent pas. Mais qui partagent un trajet ensemble. 

Dans la collectivité, dans les trains, nous ne nous sentons pas obligé de faire la conversation. En tête à tête, si. 

Comme libéré d'un poids d'être inintéressante, je sors du Uber. Quelle drôle d’époque !

10.

Un jour de février. 

J'aime regarder les gens. Essayer de deviner leur vie. Sont-ils heureux ? Que viennent-ils de vivrre avant de monter dans ce métro ? À quoi pensent-is ? Réfléchissons nous tous à ce que nous n'avons pas ? À ce que nous voudrions avoir ? Est-ce l'amour ? Un travail ? De l'argent ? De nouvelles chaussures ? Après quoi courons nous ?

11.

Mardi 15 février.

9h56

Je me demande combien de personnes ont fait l'amour hier soir. Je me demande combien de personnes était seule hier soir. Je me demande combien de bouquet de fleurs ont été offert hier soir. Je me demande combien de "je t'aime" ont été dit hier soir. Je me demande combien de mots sincères ont été dit hier soir.

Je suis sur le chemin du travail. Ligne 5. Je reste debout appuyée contre un siège. Je vois une fille assise dans le carré VIP. Je surplombe l'écran de son téléphone. Elle parcourt des photos. Des photos de son couple. Sûrement prises la veille. Elle fait une sélection. 3 photos. Ouvre une application. Les mets en page. Ouvre Instagram. Publie son montage avec sûrement en description #saintvalentin #forever #amour #love #14février #encouple. 

11.

Vendredi 15 avril.

Il est impossible que je me concentre.

Je suis dans le train direction Clermont Ferrand. Cela fait maintenant 2h30 que nous roulons. Nous sommes à Moulins sur allier.

 

J'ai eu la migraine toute la nuit. Je suis sous Doliprane. La migraine me guette. Je sais qu'au moindre bruit trop strident, au moindre geste trop flagrant, elle sera là. Elle n'hésitera pas à m'envelopper de ces bras épineux. 

Je suis assise dans un carré. Côté fenêtre. Sens contraire de la marche. De quoi titiller ma migraine. 

Le carré est plein.

Une femme s'assoit à côté de moi.

Elle est grande. Élancée. Cheveux court. Faux blond. Visage sans fard. Masqué. Une tenue classique et confortable pour un trajet. 

Elle a déjà son ordinateur ouvert. Une souris est branchée. Que ça prend de la place. Je me colle un peu plus contre la fenêtre. Je me sens si à l'étroit. Étriquée. Obligée de contempler ce bal qui s'ouvre à moi. 

Connexion établie. Page ouverte. Sur le site Arte. Saison 1 de Thérapie. 

Mauvaise connexion internet. L'image est figée. La femme bouge la souris. Prend la souris. La pose sur sa jambe. La bouge. Rien. Pauvre souris. 

La femme agite sa jambe. Elle sort son portable. Le regarde 2 secondes. Sûrement le temps de contempler la multitude d'applications sur son écran d'accueil sans jamais les ouvrir. Le verrouille. Le mets dans son sac. Regarde l'image figée d'Arte. Agite sa jambe. Elle sort un magazine. Causette. Ouvre la première page. Le ferme. L'ouvre au sommaire. Lit le titre d'un article. Elle soupire. Est-elle en désaccord avec le titre ? 

Thérapie se met en marche. Elle ne regarde pas. Tourne une page. L'image se fige. Ferme le magazine. Prends son portable. Le déverrouille. Thérapie se met en marche. Elle ne regarde pas. Préférant une image mobile sous son pouce qu'une image immobile sous son œil. 

Arrêt Moulins sur allier. Elle range son portable. Range son Magazine. Ferme son ordinateur. Se lève et s'en va. Pendant tout le trajet, soit 2h30, elle n'aura offert à ces spectateurs que des brides de spectacles stressants et décevants. Elle n'aura donc jamais la fin de sa thérapie. 

 

Ma migraine me guette. Je suis dépendante des actions et des bruits des gens. Ma migraine ne m'appartient plus. Elle dépend des autres. 

 

Je pense pouvoir la gérer. Mais, une nouvelle femme arrive. Une vieille dame. Elle se place en face. En diagonale. Elle tousse. Beaucoup. Elle tousse avec la gorge. Se lève. Va tousser ailleurs. Dans l'entre deux wagons. Je l'entends. Elle crache ses poumons. Elle revient. Mais tousse toujours. Elle renifle. Fort. Racle sa gorge. Ma migraine me guette. Elle dépend de la toux. Une toux grasse qui racle mon cerveau. Je deviens tendue. Elle racle. C'est fort. Mes tempes tapent. 

Je croise le regards d'une jeune femme. Assise de l'autre côté. Elle a un cahier ouvert devant elle. Avec des écritures chinoises. Courageux, pensais-je. Cela demande de la concentration, supposais-je. Nos regards se croisent de nouveau. La dame tousse. Racle. Nous savons ce que nous pensons. Cela irrite. Nous sommes aussi irritées que sa gorge ne l'est. Fatiguée, la jeune femme ferme son cahier. Je ferme mon livre. Et je commence à écrire sur ce spectacle. C'est la seule façon que j'ai pour supporter ce vacarme. 

Le trajet est bientôt terminé. Nous avons dépassé Vichy. Il est 18h03. Et ce n'est que maintenant que je remarque qu'un bébé est dans le wagon. Je pense déjà au Doliprane qui m'attend en arrivant. 

 

Ces pages m'ont coûté 45€ avec la carte jeune et 2 Dolipranes.

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